Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Communiqués de presse

Drames en Méditerranée : l'Europe face à ses responsabilités

Au cours des 5 premiers mois de l’année, ce sont 46 500 migrants qui sont arrivés en Italie par la mer, soit 12% de plus que l’an dernier sur la même période. Au-delà de ces chiffres « froids », ce sont autant d’enfants, de femmes et d’hommes qui bien souvent fuient la guerre ou la persécution.

Le Haut-Commissariat aux Réfugiés a ainsi évalué que plus de la moitié des migrants qui arrivent sur les côtes italiennes par la mer viennent de Somalie, d’Érythrée, de Syrie ou d’Afghanistan. À l’évidence, ces enfants, ces femmes, ces hommes ne viennent pas chercher une aide sociale ! Embarquant dans des vaisseaux de fortune, ils espèrent, en rejoignant les côtes européennes, tout simplement sauver leur vie.

Notre Union a été fondée sur un principe de solidarité. Il serait grand temps que l’on s’en souvienne ! Les drames à répétition en Méditerranée nous mettent face à notre responsabilité et face à la cohérence de notre système de valeurs.

Hélas, la réponse européenne a été jusque maintenant en dessous de tout. Pendant ce temps-là, silence ! On meurt en Méditerranée…

La Commission européenne et le Parlement européen ont été l’honneur de l’Europe, faisant des propositions fortes pour éviter de nouveau drames. Les coupables, ce sont les États membres. Leurs dirigeants, dans leur grande majorité, refusent toujours le plan européen sur la migration.

Nous sommes nombreux au Parlement européen à soutenir la Commission européenne, et notamment son Président Jean-Claude Juncker, dans sa volonté d’établir des mécanismes de répartition des réfugiés et de mettre en place une opération militaire sous l’égide de l’ONU dans les eaux territoriales libyennes.

Depuis des semaines, je fais des propositions, en lien notamment avec ma collègue maltaise Roberta Metsola, pour avoir une réponse européenne qui permette d’enrayer durablement ces drames :

1/ Il faut tout d’abord partir d’un constat simple : l’Europe, et spécifiquement la France, a une responsabilité dans le chaos libyen. Il s’agit d’œuvrer à l’établissement d’une situation politique stable dans ce pays. Cela nous permettra d’agir à même les côtes libyennes pour empêcher les départs et gérer les demandes d’asile sur place, en coopération avec des autorités libyennes reconnues.

2/ La Libye n’est pas le seul pays avec lequel nous devons travailler. La France s’est engagée au Sahel. L’Union européenne doit s’y engager plus franchement pour démanteler les réseaux terroristes de plus en plus nombreux et organisés et pour lutter contre le trafic d’êtres humains.

3/ Ce travail de coopération sera un travail de longue haleine qui ne portera pas ses fruits immédiatement. Il faut donc apporter des réponses d’urgence, comme le renforcement de la capacité opérationnelle de Triton, opération européenne de surveillance des frontières placée sous l’égide de l’agence Frontex. Augmenter le budget de Triton comme l’a fait le Conseil européen en avril dernier n’est pas suffisant. Le sauvetage de migrants en mer doit en être la priorité, comme cela l’était précédemment avec l’opération italienne Mare Nostrum. Il faut que tous les États membres s’engagent dans ces opérations, financièrement et matériellement, au-delà des paroles. Pour s’assurer de l’implication de tous les États membres, nous devons mettre en place une évaluation régulière et transparente par la Commission européenne et par le Parlement européen de l’engagement des États.

4/ L’accueil des réfugiés doit enfin être revu de manière urgente. Certains pays de la Méditerranée, notamment l’Italie, sont totalement débordés par l’afflux des migrants. Dans une Union à 28, il n’est pas normal que seule une poignée d’États soit aujourd’hui engagée dans l’accueil des réfugiés. C’est sur ce point en particulier que les tensions se font vives entre les États membres. Quotas? Mécanisme de répartition? Qu’importe la sémantique ! L’urgence, c’est de pouvoir accueillir décemment ceux qui méritent une protection internationale et que les Etats y soient contraints. Dans le même temps, il faut organiser le retour de ceux, en situation irrégulière, qui ne se trouvent pas être en danger dans leur pays. Notre politique migratoire européenne doit être revue, notamment en ce qui concerne l’asile.

Les vacances d’été arrivent. Sans une action forte européenne, pendant que de nombreux touristes afflueront vers les plages de la Méditerranée, de nombreux migrants continueront à périr en mer à seulement quelques kilomètres de ces plages. Ne soyons pas complices de ces tragédies !


Mise au vote du rapport sur la lutte contre la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne en séance plénière à Strasbourg

Les députés européens se prononçaient hier à Strasbourg sur le règlement pour lutter contre la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne et leur retrait dans un délai d'une heure.

À cause de l’incohérence des stratégies de vote des autres groupes politiques, ce texte a été affaibli par des amendements déposés par les socialistes et soutenus par les groupes de gauche (GUE, Verts).

La députée européenne Rachida Dati, rapporteur PPE, a rappelé sa position très ferme pour défendre le délai d’une heure pour retirer les contenus terroristes signalés par les autorités compétentes : « Ce délai d'une heure a été supprimé du document destiné aux entreprises. Outre le refus du retrait dans un délai d'une heure, ce texte est aussi privé de dispositions essentielles telle que la création d'une procédure de coopération transfrontalière efficace afin que les contenus terroristes puissent être supprimés sur tout le territoire de l'Union. De même, la procédure des signalements pour avertir de la présence de contenus terroristes en ligne sur les plateformes a été rejetée. Aussi les entreprises n'ont aucune obligation de détection et de suppression par elles même des contenus terroristes. 

Le résultat final sur ce texte est donc incompréhensible pour les citoyens européens que nous avons le devoir de protéger, comme pour les autorités de nos États membres. L’incohérence de la gauche, qui joue avec la sécurité des citoyens, est irresponsable et dangereuse pour la cohésion de nos sociétés ! C'est un mépris total des victimes du terrorisme ! »

Ce mandat parlementaire s’achève comme il avait commencé pour la gauche, du PNR aux contenus terroristes en passant par les contrôles aux frontières extérieures de l’Union : dans l’incohérence et le laxisme les plus graves.


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