Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Communiqués de presse

Pour une action forte et pragmatique sur l’immigration en Europe

L’exemple de la votation suisse qui a eu lieu en février rappelle que l’immigration est en train de devenir un problème européen.

Les citoyens suisses ont ainsi exprimé leur souhait de réduire l’immigration, notamment européenne, sur leur territoire. À la suite de ce vote, un sondage IFOP a souligné que 59% des Français seraient également favorables à une limitation du nombre d’immigrés européens. Ces chiffres doivent nous interpeller. Cette tendance n’est pas seulement suisse, elle n’est pas que française, elle est européenne !

Le vote suisse peut cependant paraître paradoxal. L’immigration du travail est un atout pour la Suisse, dont l’économie tourne en partie grâce aux 23% d’étrangers, et qui a un chômage quasi-structurel de 3,5%. Mais la Suisse n’est pas dans une situation économique comparable à la France, ni à celle de beaucoup de pays européens.

En tant que Député européen, je m’engage depuis plusieurs mois maintenant pour qu’un véritable débat européen sur l’immigration ait lieu, pour aboutir d’abord à une remise à plat de Schengen, mais aussi pour réfléchir à comment éviter que le principe de libre circulation à l’intérieur de l’Union européenne se retourne contre les peuples européens.

Afin de mieux gérer nos flux migratoires extra-européens, il devient indispensable d’assurer une meilleure coordination et de nouveaux outils de sécurisation pour nos frontières maritimes et terrestres européennes. Dans le même temps, nous devons aboutir à une plus grande responsabilisation des États où se trouvent nos frontières communes, en sanctionnant et pourquoi pas en excluant les pays défaillants. Enfin, j’ai de manière constante refusé l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen tant qu’il n’y aura pas une sécurisation optimale des frontières de ces pays.

Au niveau intra-européen, il faut également agir. Il devient urgent de mettre sur la table le sujet de la libre circulation des travailleurs. Le Parlement européen a d’ailleurs voté un texte lors de la séance plénière de mars qui allait dans le sens d’un renforcement de la liberté de circulation des travailleurs, sans prendre acte des problèmes qu’elle engendre. Dans ces conditions, je n’ai pas pu soutenir ce texte.

Nous courons le risque aujourd’hui, si nous ne faisons rien, de favoriser le dumping social au sein même de l’Union européenne, en raison des écarts de niveaux de vie entre les pays. J’ai été très intéressée par les propositions de David Cameron d’instaurer des quotas nationaux à l’immigration intra-européenne. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en débattre à Londres en janvier dernier avec des ministres et des parlementaires britanniques.

Le mot « quota » ne doit pas nous faire peur, il doit au contraire nous faire réfléchir : chaque pays définirait ainsi sa politique migratoire en fonction de sa capacité d’intégration et de ses besoins économiques.

L’avenir de l’Europe se joue sur sa capacité à réussir sa politique migratoire, tant à ses frontières extérieures qu’à ses frontières intérieures. Osons l’action forte et pragmatique dans ce domaine !


Mise au vote du rapport sur la lutte contre la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne en séance plénière à Strasbourg

Les députés européens se prononçaient hier à Strasbourg sur le règlement pour lutter contre la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne et leur retrait dans un délai d'une heure.

À cause de l’incohérence des stratégies de vote des autres groupes politiques, ce texte a été affaibli par des amendements déposés par les socialistes et soutenus par les groupes de gauche (GUE, Verts).

La députée européenne Rachida Dati, rapporteur PPE, a rappelé sa position très ferme pour défendre le délai d’une heure pour retirer les contenus terroristes signalés par les autorités compétentes : « Ce délai d'une heure a été supprimé du document destiné aux entreprises. Outre le refus du retrait dans un délai d'une heure, ce texte est aussi privé de dispositions essentielles telle que la création d'une procédure de coopération transfrontalière efficace afin que les contenus terroristes puissent être supprimés sur tout le territoire de l'Union. De même, la procédure des signalements pour avertir de la présence de contenus terroristes en ligne sur les plateformes a été rejetée. Aussi les entreprises n'ont aucune obligation de détection et de suppression par elles même des contenus terroristes. 

Le résultat final sur ce texte est donc incompréhensible pour les citoyens européens que nous avons le devoir de protéger, comme pour les autorités de nos États membres. L’incohérence de la gauche, qui joue avec la sécurité des citoyens, est irresponsable et dangereuse pour la cohésion de nos sociétés ! C'est un mépris total des victimes du terrorisme ! »

Ce mandat parlementaire s’achève comme il avait commencé pour la gauche, du PNR aux contenus terroristes en passant par les contrôles aux frontières extérieures de l’Union : dans l’incohérence et le laxisme les plus graves.


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