Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Communiqués de presse

Fermeture du centre de déradicalisation de Pontourny : une expérimentation ratée

Le gouvernement vient d'annoncer la fermeture à Pontourny du seul centre de déradicalisation ouvert il y a près d'un an ! Ce centre est un échec cinglant du plan d'action contre la radicalisation lancé, à la hâte, par Manuel Valls. On nous en avait promis treize et le seul ouvert va fermer !

J'ai toujours dénoncé l'ouverture de ce centre sans professionnels qualifiés, sans programme, sans objectif précis, sans parler du gâchis de moyens ! Je le dis à nouveau, la France est au niveau zéro en termes de "déradicalisation" malgré les attentats barbares que nous avons connus et les signaux d'alerte graves depuis des années sur l'issue criminelle de la radicalisation !

Après des années d’errements, parfois de bienveillance cynique, il est urgent de mettre en place de réels programmes de détection de la radicalisation à l'instar d'autres pays européens et de prendre des mesures contraignantes à l'égard des individus radicalisés !

Je ne crois pas à la déradicalisation car il est souvent trop tard. Alors protégeons la France et les français de ces individus ! Rien ne l'empêche: ni nos valeurs, ni notre Constitution. Le projet de loi anti-terroriste est l’occasion de le faire car la radicalisation, notamment sur Internet et dans les prisons qui explosent, est la grande oubliée de ce texte qui sera donc inefficace !


Sommet européen sur la migration : la dernière crise de l’UE ?

Hier s’est tenu à Bruxelles un sommet de la dernière chance pour trouver une issue acceptable par tous les États membres à la crise migratoire.
 
Acceptable par tous : c’est bien là que le bât blesse, puisque la solidarité revendiquée par les uns devient de l’irresponsabilité pour les autres.
 
A l’inverse des technocrates qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de l’Autriche pour prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne, craignant de mettre à l'ordre du jour la réalité des difficultés européennes telle que la crise migratoire; ignorer ce qui est reconnu comme la plus grosse crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale, c’est faire augmenter à marche forcée les forces populistes partout sur le continent européen.
 
Je salue la volonté du Conseil d’implanter des plateformes de débarquement hors UE pour casser le trafic des passeurs, mais cela n'est pas suffisant si la fermeté ne se concrétise pas vis à vis de ceux qui se rendent complices d'un véritable trafic d’êtres humains. Les bateaux qui violent le droit maritime et le droit international doivent être saisis pour envoyer un signal fort des deux côtés de la Méditerranée. Le renforcement des ressources et du mandat du corps de garde-côtes européen Frontex est également une obligation au regard des enjeux - également sécuritaires - qui sont liés à l’étanchéité de nos frontières.
 
L'urgence est l'instauration d'une politique migratoire commune résolument européenne. Tant que le socle de nos règles en matière d’immigration et d’asile ne sera pas le même, « l’asylum shopping » et les mouvements secondaires se développeront de plus en plus. La durée de rétention des migrants rentrés illégalement sur le sol européen doit être la même partout dans l’Union, à savoir 18 mois, ce qui est actuellement déjà le cas en Allemagne, ou plus comme c'est le cas dans d'autre pays. À ce titre la loi asile/immigration récemment débattue en France proposant trois mois de rétention n’est pas à la hauteur de la crise migratoire que nous subissons. Les expulsions seront également facilitées par cette mesure, évitant de perdre la trace des migrants une fois leur arrivée enregistrée. Car c'est bien en rendant les décisions d'expulsion réellement effectives que nous pourrons décemment accueillir ceux qui ont le droit à l'asile.
 
Il faut également que toute décision nationale de refus d'accorder l’asile ou de régulariser soit valable pour tous les États membres, évitant ainsi les demandes à répétition, les lourdeurs administratives et l’incompréhension grandissante de nos concitoyens.
 
Le défi migratoire demeure : on compte pour 2018 déjà plus de 150.000 primo demandeurs, et 1.8 million de personnes sont arrivées depuis 2014 sur les côtes européennes. Pour que cette crise migratoire ne soit pas la dernière de l’UE, celle qui portera le coup fatal au projet européen, soyons courageux dans nos propositions et entendons la voix de nos peuples, et vite !

 


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