Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Communiqués de presse

Sommet européen sur la migration : la dernière crise de l’UE ?

Hier s’est tenu à Bruxelles un sommet de la dernière chance pour trouver une issue acceptable par tous les États membres à la crise migratoire.
 
Acceptable par tous : c’est bien là que le bât blesse, puisque la solidarité revendiquée par les uns devient de l’irresponsabilité pour les autres.
 
A l’inverse des technocrates qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de l’Autriche pour prendre la présidence du Conseil de l’Union européenne, craignant de mettre à l'ordre du jour la réalité des difficultés européennes telle que la crise migratoire; ignorer ce qui est reconnu comme la plus grosse crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale, c’est faire augmenter à marche forcée les forces populistes partout sur le continent européen.
 
Je salue la volonté du Conseil d’implanter des plateformes de débarquement hors UE pour casser le trafic des passeurs, mais cela n'est pas suffisant si la fermeté ne se concrétise pas vis à vis de ceux qui se rendent complices d'un véritable trafic d’êtres humains. Les bateaux qui violent le droit maritime et le droit international doivent être saisis pour envoyer un signal fort des deux côtés de la Méditerranée. Le renforcement des ressources et du mandat du corps de garde-côtes européen Frontex est également une obligation au regard des enjeux - également sécuritaires - qui sont liés à l’étanchéité de nos frontières.
 
L'urgence est l'instauration d'une politique migratoire commune résolument européenne. Tant que le socle de nos règles en matière d’immigration et d’asile ne sera pas le même, « l’asylum shopping » et les mouvements secondaires se développeront de plus en plus. La durée de rétention des migrants rentrés illégalement sur le sol européen doit être la même partout dans l’Union, à savoir 18 mois, ce qui est actuellement déjà le cas en Allemagne, ou plus comme c'est le cas dans d'autre pays. À ce titre la loi asile/immigration récemment débattue en France proposant trois mois de rétention n’est pas à la hauteur de la crise migratoire que nous subissons. Les expulsions seront également facilitées par cette mesure, évitant de perdre la trace des migrants une fois leur arrivée enregistrée. Car c'est bien en rendant les décisions d'expulsion réellement effectives que nous pourrons décemment accueillir ceux qui ont le droit à l'asile.
 
Il faut également que toute décision nationale de refus d'accorder l’asile ou de régulariser soit valable pour tous les États membres, évitant ainsi les demandes à répétition, les lourdeurs administratives et l’incompréhension grandissante de nos concitoyens.
 
Le défi migratoire demeure : on compte pour 2018 déjà plus de 150.000 primo demandeurs, et 1.8 million de personnes sont arrivées depuis 2014 sur les côtes européennes. Pour que cette crise migratoire ne soit pas la dernière de l’UE, celle qui portera le coup fatal au projet européen, soyons courageux dans nos propositions et entendons la voix de nos peuples, et vite !

 


Demande d’asile : des procédures plus efficaces dans l'UE

Alors que l’Union européenne fait face à l’une des crises migratoires les plus importantes de son histoire, il est urgent de trouver une réponse efficace pour lutter contre l'immigration illégale et gérer plus efficacement les procédures d'asile.

La commission parlementaire des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen s’est prononcée aujourd’hui sur la procédure commune de protection internationale dans l’Union. Ce rapport intègre mes propositions pour la création d’une liste européenne commune de pays d'origine sûrs. Celle-ci accélérera efficacement les procédures d'asile, en réduisant les délais et en permettant de reconduire rapidement ceux qui ne sont pas éligibles à l’asile en Europe. C'est une première et une réelle avancée !

Cette harmonisation européenne des pays dits d’origine sûrs empêchera des individus de faire des demandes d'asile abusives, en choisissant l’État membre en fonction de sa liste nationale de pays sûrs.

Malgré l’adoption de cette mesure, d’autres points indispensables pour réguler les flux migratoires et faire face aux enjeux sécuritaires n’ont pas été suffisamment intégrés à ce texte affaibli par la gauche, d'où mon abstention.


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